lundi 11 octobre 2010

La tête ailleurs


gouache+ pastels / Mottelet

 Il est des jours où la mise en route est plus laborieuse
Est-ce la pluie , le gris qui s'insinue...
Les idées ont peine à faire mouche 
Et la voix encore enrhumée
Chante à demi ..
La tête pleine des dessins en cours ,
En noir , les histoires,
Le fusain qui gratte 
Et fait tout un bazar
J'ai la musique qui bat des ailes ,
Et je perds pied en plein vol
Où est la clé pour remonter la boîte à malices
SVP!!
Help!
Une pause!
J'ai le cerveau qui voit double,
Et les journées n'ont que 24 heures.
Personne n'a un truc pour phosphorer en dormant..
Trouver le truc impec, 
Tout prêt imprimé 
Posé sur l'oreiller..
 
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Au ciel les nuages font la pluie et le beau temps




 Les matins tracés en volutes éphémères
Pour conjurer la pluie
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dimanche 10 octobre 2010

Le Jour où Franklin mangea le soleil : Christian Bobin / Saraï Delfendahl


Pour faire suite à un billet de Christian Cazals , sur son blog ,
Miscellanées,
Voici des extraits , présentant un conte de Christian Bobin,
illustré par une artiste que j'admire énormémént
 

Le jour où Franklin mangea le soleil, personne ne s'aperçut de rien.
De toutes façons, personne ne s'aperçoit jamais de rien. Personne, c'est les grands, les tout raides , les adultes, les gendarmes , et même les voleurs, tous ceux qui travaillent et même ceux qui ne travaillent pas, ça fait du monde, personne , ça fait beaucoup de gens , personne . Donc, personne ne s'aperçut de rien, à part les enfants.
Franklin était un enfant.
Les enfants sont des gens qui ne ressemblent à personne.
On les met dans les écoles pour qu'ils deviennent comme tout le monde. L'école est une boîte qui ressemble à une maison.
On trempe l'enfant dans la boîte, on le laisse mijoter quatorze ou quinze ans dans la boîte, on le ressort, il a les yeux écarquillés d'être resté si longtemps dans le noir, on lui dit : bravo mon grand, te voilà comme tout le monde.
Ce n'est pas drôle d'être comme tout le monde .Personne n'aime ça.
Heureusement, ça ne marche pas. La boîte école, la boîte usine , la boîte travail, la boîte chômage , la boîte télévision, la boîte boîte  :
Aucune boîte ne marche, aucune boîte n'est assez bien fermée pour empêcher la vie d'entrer, et quand la vie entre quelque part, ouh là là , plus rien n'est pareil, c'est le grand désordre, le grand carnaval des couleurs. C'est même comme ça qu'on distingue la vie de la mort : là où tout se ressemble, là où tout est en ordre - c'est la mort. et là où tout est bizarre , drôle, mélangé - c'est la vie.


Mais revenons à Franklin. Franklin mesurait un mètre trente six centimètres ,le jour où il mangea le soleil. Miam, gloup . Car malgré son mètre trente six , Franklin avait le bras long, très très long , un bras et même deux bras longs de plusieurs kilomètres . Le soleil ,il l'avait caressé pendant des années . Frôlé, chatouillé , taquiné . Il avait l'habitude de passer la main dans les cheveux du soleil , lorsque personne ne le voyait.



La plupart du temps, il mettait ses bras et ses mains dans ses poches.
Pour ne pas se faire remarquer. Personne n'aime se faire remarquer .
Et en même temps tout le monde voudrait qu'on le regarde . c'est compliqué cette affaire ; C'est compliqué , la vie, une fois qu'on est sorti des boîtes . Donc Franklin . Donc bras longs ? Donc soleil gloup , miam . Une envie , un besoin , une gourmandise : et hop, plus de soleil . Le soleil , dans le ventre à Franklin.


La suite de cette histoire est à lire dans l'album cité ci-dessus.
Du même auteur , illustrés également par Saraï Delfendahl
Aux éditions " Le temps qu'il fait "

"Clémence Grenouille"

"Une conférence d'Hélène Cassicadou"
    et
 "Gaël Premier , roi d'Abimmmmmme et de Mornelonge"

également délicieux , insolites et indispensables....

( je n'ai pas pu choisir entre les 4 , et les ai acquis en bloc!)

samedi 9 octobre 2010

Histoire sans paroles


 3 fusains sur papier - Mottelet - 2010 


 Certains livres ont seulement des images.
De drôles d'images 
pas tout à fait au point,
de guingois dans la page
avec des yeux qui louchent 
et des babines luisantes..
Mais, pour peu qu'on les regarde , mine de rien,
sans vraiment réfléchir,
pour ne pas les effaroucher,
elles s'animent et combinent des histoires 
à ne pas mettre entre toutes les mains..
Des histoires qui n'ont pas peur du noir.
Allez savoir ce qui se passe la nuit dans les bibliothèques..
 ..........
 
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Beaux champignons pas bons!!


Dès Potron-minet  , J et V , panier au bras 
S'en furent par les sentiers.
 Croukougnouche , de son côté ,
  le coffre plein de mirlitons et de bâtons de pluie,
Démarra le cœur joyeux  
Rouli-Rouli ! Rouli-Roula !
Vers les écoles du canton,
Rêvant par avance à la baveuse omelette aux cèpes
Qui l'accueillerait de ses effluves sylvestres 
Lorsqu'elle regagnerait le logis 
 Un peu avant midi.


Hélas! point d' alléchantes odeurs, 
Mais deux cueilleurs bredouilles  ,
Palabrant devant une bière mousseuse,
Sur les désastres climatiques,
Les pluies tantôt trop 
Tantôt pas,
La pollution et les mauvaises lunes...


" Alors !" dit Croukougnouche , " Ces champignons???"
-Ah ! Pauvre! " dit V , "regarde dans le panier !
Ils sont mauvais , mais on s'est dit que tu voudrais peut-être les photographier , ils sont assez jolis , à défaut d'être bons! 
"C'était plein de voitures de Marseillais , là haut." renchérit J, le verbe haut :
"Sur! il ratissent tous les cèpes  aux aurores!
Et nous , pauvres autochtones,on n'a plus qu'à s'empoisonner 
avec les bizarres!"

Croukougnouche fit donc quelques photos que voici 
et alla quérir pitance dans le frigo:
A défaut de fricassée  
Se contenter d'un jambon- purrée!

jeudi 7 octobre 2010

Entre deux


Photo V Balaÿ

 
Se pencher au bord
Les yeux encore plein de rêves,
L'espace mouvant
Miroite entre les rives ombreuses ,
L'air du matin
En écharpe flottante
Se rendormir
Encore
Un peu
 
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mercredi 6 octobre 2010

Tricoti - Tricotons !








La laine  me reprend , le soir :
les couleurs pour réchauffer , déroulent leurs petites histoires, 
tandis que les chats surveillent du coin de l'œil ces fils qui bougent  et qui leur font la patte espiègle!